Category “info Mag”

Historique technique de la photographie

Cet article retrace les étapes qui jalonnent l’histoire de la photographie, principalement vue sous son aspect technique.

La photographie peut être considérée comme une technique propre à supplanter le dessin ou la peinture pour représenter le monde qui nous entoure. Son invention nécessitait, d’une part la réalisation d’un dispositif optique permettant la création de l’image, et d’autre part de fixer cette image sur un support pérenne par un processus chimique irréversible.

Par ailleurs les usages de cette technique ont évolué, et sa dimension artistique a notamment été reconnue.

La photographie comme technique
Alhacen, Alhazen ou Ibn al-Haytham, de son vrai nom Abu Ali al-Hasan ibn al-Hasan ibn al-Haytham dit que l’œil pouvait percevoir la forme, la couleur, la transparence ainsi que le mouvement de quelque chose. Il prouva également que l’œil perçoit effectivement deux images même si on n’en voit qu’une par la démonstration et non par la logique et la beauté du raisonnement (ce livre n’a été traduit en latin qu’en 1270). Selon lui la réfraction de la lumière est causée par un ralentissement ou une accélération de la lumière dans son déplacement. Dans un milieu plus dense la lumière voyage plus lentement selon Alhazen. Il trouve aussi un rapport entre l’angle d’incidence et l’angle de réfraction mais ce rapport n’est constant que lorsque c’est la même matière qui réfracte le rayon. Il fait tous ses travaux dans une chambre noire dont on lui doit l’invention. Il explique le pouvoir grossissant des lentilles.

La chambre noire

Une chambre noire (en latin « camera obscura ») est un instrument optique objectif qui permet d’obtenir une projection de la lumière sur une surface plane, c’est-à-dire d’obtenir une vue en deux dimensions très proche de la vision humaine. Elle servait aux peintres avant que la découverte des procédés de fixation de l’image conduise à l’invention de la photographie.
Le principe de base est très simple : comme la lumière est réfléchie par les objets dans toutes les directions suivant leurs qualités propres d’absorption, de réflexion, de diffusion, chaque point de la surface d’un écran reçoit des rayons lumineux issus de tous les objets alentours ; ces rayons se mélangent et se combinent (synthèse additive). L’écran apparaît blanc (ou de la teinte majeure éclairant le décor).

En restreignant la lumière extérieure de façon que ses rayons lumineux, émanant du décor, n’entrent que par un seul point dans une chambre obscure, l’écran interceptant cette lumière ne recevra, en chacun des points précis de sa surface, que les rayons issus, en ligne droite (principes de l’optique géométrique) d’un seul point du décor placé en face de la paroi comportant le trou. On verra se former l’image inversée (gauche/droite) et renversée (haut/bas) du décor, extérieur à la chambre obscure, sur l’écran.

L’image projetée est réelle puisque reçue sur un écran (que l’œil de l’observateur soit présent ou non) : l’instrument est dit « objectif ».

Le principe en est décrit dès Aristote1 et est plusieurs fois évoqué par des auteurs du xiiie siècle (Roger Bacon, Guillaume de Saint-Cloud).

 

L’objectif
Le principal inconvénient du sténopé est son manque de luminosité. En effet, la définition de l’image produite, c’est-à-dire la finesse des détails, est en fonction de la dimension du trou. Pour obtenir une image suffisamment détaillée, celui-ci doit être le plus petit possible ; mais alors il ne passe que très peu de lumière et l’image est peu visible. Une lentille de verre, qui peut focaliser les rayons lumineux, améliore les performances du sténopé : le diamètre de l’ouverture étant plus important, on admet davantage de lumière et l’image est plus claire.

La Grande Mosquée de Kairouan (Tunisie), photographie prise vers 1880, collections du Tropenmuseum.

La Grande Mosquée de Kairouan (Tunisie), photographie prise vers 1880, collections du Tropenmuseum.

Le dispositif physique permettant de créer l’image étant inventé, il restait une étape importante à franchir : comment faire en sorte que la vision fugitive créée par la lumière dans la chambre noire se transforme en une image véritable, stable et durable comme un dessin ou une peinture. Autrement dit, comment supprimer le travail du dessinateur ou du peintre, avec tout ce qu’il suppose d’interprétation personnelle, d’erreurs et d’imprécisions, et faire exécuter ce travail automatiquement par la lumière elle-même ?

La chimie photographique
La découverte de l’action des rayons lumineux sur une surface sensible est attribuée aux alchimistes du Moyen Âge, qui connaissaient les propriétés du chlorure d’argent, sensible à la lumière. Elle fut suivie durant les xviie et xviiie siècles par diverses recherches (Johann Heinrich Schulze, Giovanni Battista Beccaria, Thomas Wedgwood).

La première image photographique

Point de vue du Gras : La cour du domaine du Gras, dans le village de Saint-Loup-de-Varennes, première expérience réussie de fixation permanente d'une image de la nature (Nicéphore Niépce en 1826).

Point de vue du Gras : La cour du domaine du Gras, dans le village de Saint-Loup-de-Varennes, première expérience réussie de fixation permanente d’une image de la nature (Nicéphore Niépce en 1826).

 

Nicéphore Niépce

Nicéphore Niépce

Point de vue du Gras : La cour du domaine du Gras, dans le village de Saint-Loup-de-Varennes, première expérience réussie de fixation permanente d’une image de la nature (Nicéphore Niépce en 1826).
Au début du xixe siècle Joseph Nicéphore Niépce (1765-1833) réussit à obtenir et conserver une image due à l’action de la lumière. Dès 1812, il parvint à obtenir en lithographie des négatifs (grâce au chlorure d’argent) et des positifs (avec du bitume de Judée), mais ces images ne sont pas stables. Il utilise pour cela du sel d’argent placé au fond d’une chambre noire, mais le sel d’argent continue de noircir après l’exposition et l’image finit par disparaître1.

En 1819, John Herschel décrit les propriétés de l’hyposulfite de sodium qui deviendra le fixateur de Mijus.

Niépce se rend compte que l’important est d’interrompre l’action du produit après une période d’exposition à la lumière. Après avoir tenté des produits qui éclaircissent à la lumière au lieu de noircir avec toujours le même problème de stabilité, il s’intéresse à différents acides qui agiraient sur une plaque de métal ou de calcaire et seraient lavés ensuite. Mais l’acide ne réagit pas à la lumière. Il comprend grâce à cette expérience que l’action de la lumière n’a pas besoin d’être visible immédiatement, mais peut être révélée ensuite. Il tente d’utiliser la résine de gaïac, sensible aux ultra-violets qui perd sa solubilité dans l’alcool (dont le procédé peut donc être interrompu). Possible en plein soleil, l’opération est un échec en chambre noire, car les ultraviolets (inconnus de Niépce) sont filtrés1.

L’expérience suivante en 1822 utilise le contact et l’asphalte, ou bitume de Judée. Cette substance perd sa solubilité sous l’action du soleil. Donc une plaque de métal enduite de bitume est exposée plusieurs heures, puis rincée au solvant, puis rongée par l’acide aux endroits où le bitume est dissous. Le résultat est concluant et permet en particulier de créer des supports métalliques pour l’imprimerie. Niépce constate néanmoins que les dégradés ne sont pas satisfaisants. Des hachures peuvent rendre ce dégradé en imprimerie, mais limite la source de l’image à des gravures, impossible d’avoir des sujets réels1.

Première gravure héliographique connue, obtenue par Niépce en 1825 avec le procédé de l’héliographie ; copie d’une gravure du xviie siècle montrant un homme menant un cheval.
Entre la fixation du négatif et la première photographie stable, de nombreux essais ont été nécessaires ; certains sont parvenus jusqu’à nous. Par exemple cette image datée de 1825 est la plus ancienne gravure héliographique connue2,3. Elle est une reproduction par Niépce d’une gravure hollandaise représentant un petit cheval. La vue de sa propriété de Saint-Loup-de-Varennes (Saône-et-Loire) est majoritairement reconnue comme la première photographie en raison de sa stabilité et parce qu’il s’agit de la première image connue prise d’après nature avec une chambre noire utilisée comme appareil photographique4 ; elle date de 1826. Niépce plaça une plaque d’étain recouverte de bitume dans une chambre noire, face à une fenêtre de sa propriété. Il l’exposa ainsi pendant plusieurs jours. Cela forma une image floue – mais maintenant très connue – d’un bâtiment, d’un arbre et d’une grange.

Les dégradés et la précision que Niépce souhaite ne sont réellement satisfaisants qu’après un nouveau changement de support et d’activateur. En 1828, il utilise une plaque d’argent et de la vapeur d’iode, le résultat est enfin à la hauteur de ses espérances. Le temps d’exposition est toujours de plusieurs heures à plusieurs jours1.

Voulant affiner sa méthode, Niépce s’est associé, en 1829, à un entrepreneur dynamique nommé Louis Jacques Mandé Daguerre (1787-1851). À partir de 1829, Daguerre a commencé véritablement ses travaux en chimie en utilisant l’iode découverte par Bernard Courtois. Daguerre a accompli des progrès importants dans les années qui ont suivi la mort de Niépce, survenue en 1833. Les vapeurs d’iode sont utilisées comme agent sensibilisateur sur une plaque de cuivre recouverte d’une couche d’argent polie. La réaction entre l’iode et l’argent produit de l’iodure d’argent, une substance qui s’est révélée être plus sensible à la lumière que le bitume. Par hasard, il a découvert que si une plaque qui avait été exposée était traitée aux vapeurs de mercure, l’image latente apparaissait nettement.

À partir de ce moment-là, le temps de pose se réduit considérablement. Plus tard, Daguerre se rend compte qu’en trempant la plaque dans une solution saline, il pouvait empêcher l’image de noircir avec le temps.

Timbre : Le 7 janvier 1839 Arago annonce la découverte de la photographie
Arago présente la découverte à l’Académie des sciences en 1839 et Daguerre la commercialise sous le nom de « daguerréotype ». L’État français l’acquiert contre une rente viagère, puis en fait « don au monde »5.

Cependant toutes ces images ne pouvaient être produites qu’en un seul exemplaire à la fois, et elles nécessitaient des temps d’exposition de plusieurs dizaines de minutes, ce qui rendait très difficile la réalisation de portraits.

Le daguerréotype

Louis Daguerre

Louis Daguerre

En 1839, quand l’invention de Daguerre – le daguerréotype – a été présentée au public, elle a reçu un accueil des plus enthousiastes. Dans son Histoire de la photographie, le spécialiste Helmut Gernsheim déclare : « il est probable qu’aucune invention n’a autant exalté l’imagination du public et n’a conquis le monde en une vitesse aussi fulgurante que le Daguerréotype. » Un témoin écrit : « Une heure après, toutes les boutiques étaient prises d’assaut. Mais il n’a pas été possible de rassembler assez d’instruments pour satisfaire la marée des daguerréotypeurs en herbe. Quelques jours plus tard, on pouvait voir sur toutes les places de Paris, face aux églises et aux palais, des chambres noires montées sur leur trépied. Tous les physiciens, chimistes et intellectuels de la capitale polissaient des plaques argentées. Même les épiciers prospères n’ont pas pu se refuser le plaisir de sacrifier un peu de leurs ressources sur l’autel du progrès, en les laissant se volatiliser avec de l’iode et fondre dans les vapeurs de mercure. »

Daguerréotype

Daguerréotype

La presse parisienne n’a pas tardé à nommer cette mode de « daguerréotypomanie ». Devant la qualité remarquable des daguerréotypes, Sir John Frederick William Herschel, un scientifique britannique a écrit : « On peut sans exagérer, les qualifier de miraculeux ». Honoré de Balzac, puis Théophile Gautier et Gérard de Nerval ont été jusqu’à attribuer à cette invention des pouvoirs magiques6,7. Cependant, tout le monde n’a pas fait bon accueil à cette invention. En 1856, le roi de Naples a interdit la photographie, peut-être parce qu’il la croyait liée au mauvais œil.

Par ailleurs, en voyant le daguerréotype, le peintre Paul Delaroche s’est exclamé : « À partir d’aujourd’hui, la peinture est morte ! » L’invention a causé une vive inquiétude parmi les peintres qui l’ont perçue comme une menace pour leur gagne-pain. Un commentateur a affirmé une autre de leurs craintes en ces termes : « La photographie est si rigoureusement fidèle à la réalité optique qu’elle risque de détruire la conception que chacun se fait de la beauté ». En outre, les images photographiques ont même été critiquées pour leur réalisme implacable qui a fait voler en éclats les illusions de la beauté et de la jeunesse dont on se berçait jusqu’alors.

L’invention du négatif

William Talbot

William Talbot

William Henry Fox Talbot (1800-1877) mène des recherches parallèles à celles de Niépce et Daguerre à partir de 1833 et est persuadé d’avoir inventé la photographie. En 1840, il invente la « calotype », procédé négatif-positif qui permet la diffusion multiple des images8. Suivent d’autres recherches qui, petit à petit, permettent d’améliorer la qualité des images, la sensibilité à la lumière des surfaces sensibles et de simplifier la procédure de prise de vue : 1847 « procédé à l’albumine » (Claude Félix Abel Niépce de Saint-Victor, cousin de Nicéphore), 1850 « procédé au collodion humide » et 1851 « ambrotypie » (Frederick Scott Archer), 1852 « ferrotypie » (Adolphe-Alexandre Martin). Il ne faut pas non plus oublier les travaux négatif/positif sur papier d’Hippolyte Bayard, photographe français (contemporain de Fox Talbot), qui publia en 1839 le premier autoportrait (le noyé-suicide). Niépce, Daguerre et Talbot n’ont cependant pas été les seuls à revendiquer la paternité de la photographie. Après l’annonce de Daguerre en 1839, au moins 24 hommes, de la Norvège au Brésil, ont fait de même.

Le procédé Talbot
Talbot installait une feuille de papier enduite de chlorure d’argent dans sa chambre noire. Il obtenait un négatif, qu’il cirait pour le rendre transparent. Il le plaçait ensuite sur une autre feuille imprégnée, puis l’exposait à la lumière du jour. Il créait ainsi une image positive.

Si, au départ, le procédé de Talbot a été beaucoup moins populaire que celui de Daguerre, et de qualité inférieure, il avait néanmoins de l’avenir. Il permettait de produire plusieurs exemplaires d’une image à partir d’un seul négatif ; de plus, le papier coûtait moins cher et il était plus facile à manipuler que le fragile daguerréotype. Malgré son succès initial, la daguerréotypie n’a eu aucun débouché, alors que la technique de Talbot sert toujours de base à la photographie moderne.

De la plaque de verre au film souple[modifier | modifier le code]
Les premiers clichés étaient réalisés sur des plaques de verre, relativement encombrantes, lourdes et fragiles. En 1884, George Eastman met au point les surfaces sensibles souples, et le film en celluloïd, permettant de stocker plusieurs images dans le magasin de l’appareil photographique, supplante la plaque de verre. La diminution de la taille des appareils facilite la pratique de la prise de vue en (presque) tous lieux et toutes circonstances, ouvrant la voie à la photographie de voyage et de reportage. Le procédé de la miniaturisation de l’appareil permet de faire des clichés avec différents types de prise de vue.

 

Une Profession

Photographie de Giuseppe Verdi par Disdéri.

Photographie de Giuseppe Verdi par Disdéri.

L’avènement de la photographie en 1839 ouvre la voie à une nouvelle activité professionnelle : photographe. Un grand nombre de peintres embrassent cette activité naissante, mais également des hommes (et quelques femmes) qui comprennent très vite l’intérêt financier que représente cette profession.

L’histoire de la photographie est généralement racontée au travers d’une cinquantaine de noms de photographes, représentant la dimension artistique de cette profession. L’apparition en 1854 de la photo en série et la profusion des photographes permet de regarder cette histoire sous l’angle industriel. L’histoire de la photographie peut alors être envisagée au travers de plus de 11 500 photographes.

L’angle financier devient l’angle majeur, et l’angle artistique mineur. La dimension sociale est alors prépondérante. Les photographes sont si nombreux à la fin du xixe siècle que dans son dictionnaire des professions, Edouard Charton présente cette profession comme le type même des professions émergentes.

Les photographes durant cette période ont eu une production considérable et la photo-carte de visite représente alors la majorité de la production. Produite en plusieurs millions d’exemplaires de 1854 aux années 1910, la photo-carte apprend à connaître l’évolution de cette profession. Le verso des photos-cartes apporte une foule de renseignements : adresse, changement d’adresse, apparition du téléphone et du métropolitain, parfois leurs différentes professions… Des annotations manuscrites renseignent sur les usages de la photo. Cette multitude d’informations fournies par les photographies ouvre la voie à d’immenses possibilités de recherches et d’études dans le domaine social ou dans le domaine culturel. En 1872, il sort des ateliers de Disderi 2 400 photos-cartes par jour.

Une base de données, réalisée par François Boisjoly propose plus de 22 000 photographies et présente plus de 16 000 noms et adresses d’hommes ayant vécu pour et par la photographie à cette époque9. L’un des intérêts de cette base de données est de fournir des informations sur les photos elles-mêmes et sur les photographes.

Une véritable histoire sociale de la profession de photographe en découle, montrant les mutations de la société, l’évolution de l’activité professionnelle et la mobilité des hommes vivant de la photographie. Débutant à Paris, la profession se diffuse sur l’ensemble du territoire national durant la deuxième moitié du xixe siècle. La vulgarisation du procédé au travers du territoire est un révélateur de l’engouement de la population pour la photographie. La rapidité de cette propagation permet d’analyser et de mettre en évidence la prédisposition du pays à recevoir un procédé de diffusion de masse pour les images.

Un grand concours photographique est organisé lors de l’exposition universelle de 1900, sous l’égide de M. Davanne, président de la Société française de photographie, et de M. le commandant Houdaille, membre du Comité de cette même société. Chaque concurrent doit soumettre au jury douze épreuves sur plaques ou pellicules prises durant le concours de ballons du parc d’aérostats basés à Vincennes, développées par leurs soins, et rassemblées prétimbrées au bâtiment de protection des dirigeables.

Timbre : Le 7 janvier 1839 Arago annonce la découverte de la photographie

Timbre : Le 7 janvier 1839 Arago annonce la découverte de la photographie

L’autochrome et la photographie en couleur
Une étape importante fut ensuite le premier procédé véritablement pratique de photographie en couleurs, l’« autochrome », inventé par les frères Lumière en 1903 et commercialisé à partir de 1907. Le procédé gardait comme support la plaque de verre.

Les couleurs sont obtenues grâce à une trichromie composée de grains de fécule de pomme de terre et les couleurs primaires, rouge, vert, bleu. Chaque autochrome est donc une image unique.

La photographie autochrome était faite pour être regardée en projection. La reproduction sur papier révèle les subtilités de ce type de vision, et aussi son caractère d’objet unique : se voient en effet les imperfections de l’émulsion, les marques du temps. Les vues prises « sur le vif » sont peu fréquentes, le procédé ne permettant pas les prises de vues rapides.

– Naissance du petit format
On ne peut aborder l’histoire de la photographie sans évoquer le « petit format », tant ce concept a été décisif dans l’évolution ultérieure de la discipline.

Thomas Edison avait défini vers 1891 les dimensions et les perforations de la pellicule utilisée dans le kinétoscope. En 1912, l’Américain Edgar Fahs Smith construisit une caméra utilisant ce support, mais le manque de sensibilité des émulsions fit échouer sa commercialisation.

En 1909, le Français Étienne Mollier conçut le Cent-Vues, un appareil « de poche » qui prenait d’affilée cent vues sur format 18/24 mm sur film perforé 35 mm10. Il le fabriqua en 1910 et obtint cette même année la médaille d’or du concours Lépine. Il commercialisa tout de suite son « Cent-Vues » à petite échelle, mais sans grand succès.

En 1913, Oskar Barnack construisit le prototype du Leica, qui fut réellement produit et commercialisé en 1925. La diffusion des appareils de petit format et leur succès furent assurés par l’apparition des premiers films en couleur tels que nous les connaissons aujourd’hui, le Kodachrome (1935) et l’Agfacolor (1936).

Le Leica fut à l’origine du concept de « petit format ». Auparavant le format des images négatives était au minimum de 4,5 × 6 cm, et plus souvent de 6 × 9 cm et plus, et un tirage par contact permettait d’obtenir une épreuve positive lisible. Par contre il était difficile de disposer sur une même pellicule de plus d’une douzaine de vues. L’utilisation du film de 35 mm sur lequel les clichés mesurent 24 × 36 mm permet de tripler l’autonomie d’un film. Corollaire négatif : les images sont trop petites pour permettre une lecture directe et nécessitent un agrandissement. Celui-ci n’est rendu possible que par l’amélioration de la qualité des émulsions, notamment l’augmentation de la sensibilité sans altération de la définition qui est liée à la finesse du grain.

Le 24 × 36 (comme on le désigne couramment), s’il représente le standard le plus utilisé dans la pratique photographique tant amateur que professionnelle, n’a pas supplanté totalement les autres formats. Une taille de négatif supérieure permet une image d’encore meilleure qualité, et les professionnels ou les amateurs les plus avertis continuent d’utiliser le moyen format qui va de 4,5 × 6 cm à 6 × 9 cm et dont le support est un film souple, et le grand format sur plans films ou plaques de verre.

Évolution

En janvier 2007, Kodak annonce la fermeture de son dernier laboratoire en France.
Vers 1948, le docteur Edwin H. Land met au point le premier appareil à développement instantané, le Polaroid et, en 1963, il adapte ce procédé à la couleur.

Tous les procédés photographiques actuels en argentique ne sont que des perfectionnements des inventions citées plus haut.

Avec le xxie siècle, la photographie est entrée dans l’ère numérique. La surface sensible, négative ou positive, dont l’image est révélée chimiquement, est replacée par un capteur photosensible. Chaque image est délivrée par l’appareil sous la forme d’un fichier numérique, exploitable au moyen d’un ordinateur personnel ou professionnel, mais qui peut aussi donner lieu au tirage d’une épreuve photographique sur un support papier, à des bornes automatiques payantes placées dans certains magasins.

En janvier 2007, Kodak annonce la fermeture de son dernier laboratoire en France.

En janvier 2007, Kodak annonce la fermeture de son dernier laboratoire en France.

La photographie numérique ouvre toutes sortes de possibilités nouvelles : le même fichier peut en effet donner lieu à une image en couleurs ou noir et blanc, ou présentant tout contraste ou toute tonalité (trait, sépia…). Lors de la prise de vue, le photographe dispose d’une très grande autonomie (jusqu’à plusieurs milliers de vues sur le même support numérique) et peut modifier sensibilité et ton de l’image à volonté. Les appareils numériques donnent aussi la possibilité de capter des images animées (vidéographie) avec le son ambiant. Les appareils sont en général devenus plus petits, tout en offrant des possibilités techniques et une souplesse très supérieures à celles de leurs prédécesseurs argentiques, pour un niveau de qualité équivalent, bien que le rendu soit différent (le grain n’est pas le même, les effets de moiré ne sont pas rendus de la même façon…), mais à un coût très inférieur : le prix d’un support numérique, minuscule, à grande capacité et réinscriptible donc réutilisable en théorie à l’infini, est équivalent à celui de quelques rouleaux argentiques, à usage unique et spécialisé (un rouleau égale une sensibilité et ou bien la couleur, ou bien le noir et blanc), et ne fournissant que quelques dizaines d’images. Toutes les retouches sont envisageables : recadrage, colorimétrie, contraste, netteté… et jusqu’au contenu même de l’image (ajout/suppression de personnes ou d’objet, modification de l’apparence physique d’une personne, etc…). Les images peuvent être sauvegardées sur un support numérique quelconque, être envoyées en pièce jointe à un courrier électronique, faire l’objet d’un tirage papier dans le commerce ou à domicile…

L’évolution actuelle semble condamner la technique argentique à ne subsister que sous forme d’expression purement artistique pratiquée par quelques rares amateurs.

La photographie comme moyen d’expression
Aux origines, la photographie fut utilisée par les peintres comme aide pour leurs travaux. Puis, elle devint rapidement un moyen d’expression à part entière, de nombreux artistes la pratiquant parallèlement à d’autres modes d’expression ou s’y consacrant exclusivement.

Dans le même temps apparut la possibilité de l’utiliser comme témoignage historique, et se développa la notion de photo reportage. Ainsi le banquier Albert Kahn tentera de constituer, de 1909 à 1931, les archives de la planète en envoyant des photographes dans cinquante pays du monde.

Les domaines de la photo

Les peintres appliquaient leur art à diverses formes d’expression, et se spécialisaient dans les scènes de genre, la décoration, la peinture d’histoire ou le portrait ; assez vite les photographes explorèrent diverses voies pour mettre à profit les nouvelles techniques qui s’offraient à eux. Et ces applications se multiplièrent avec les progrès et la facilité d’utilisation qui s’ensuivirent. Si le portrait se développa rapidement dès lors que les durées de pose furent limitées à quelques minutes — on s’aidait pour cela de sièges pourvus d’appuie-tête et d’accoudoirs divers — les autres genres photographiques proliférèrent dès que l’on put utiliser un matériel relativement transportable et commode d’emploi.

Un photographe spécialisé dans la photo de mariage s'apprête à immortaliser un jeune couple de nouveaux mariés devant une église de Westmount, à Montréal, en 1945.

Un photographe spécialisé dans la photo de mariage s’apprête à immortaliser un jeune couple de nouveaux mariés devant une église de Westmount, à Montréal, en 1945.

La nature morte et le portrait

Ces disciplines s’accommodaient bien des contraintes liées aux premiers procédés utilisés, qui nécessitaient de disposer d’un laboratoire attenant au studio de prise de vue, car les émulsions devaient être préparées juste avant l’exposition à la lumière, et le développement devait suivre immédiatement après.

La photographie entraîne des changements profonds
Dès les débuts de la photographie, le réformateur social Jacob Riis a vu en celle-ci un moyen de diriger l’attention du public sur la pauvreté et la souffrance. En 1880, il a commencé à prendre en photo les quartiers pauvres de New York à la tombée de la nuit. En guise de flash, il utilisait de la poudre de magnésium qu’il faisait brûler dans une poêle à frire. Par deux fois, il a mis le feu à la maison où il travaillait, et une autre fois à ses vêtements. On dit que ses clichés ont motivé certaines réformes entreprises par Théodore Roosevelt à son arrivée à la Maison-Blanche[Lesquelles ?]. D’autre part, la force persuasive d’une série de photographies de paysages, prises par William Henry Jackson a amené le congrès américain, en 1872, à faire de Yellowstone le premier parc national du monde.

À la portée de tous
Vers la fin des années 1880, le coût et la complexité de la photographie dissuadaient encore de nombreuses personnes de s’y essayer davantage. Toutefois, quand en 1888 George Eastman lance le Kodak, un appareil photo portatif très maniable et doté d’une pellicule, la voie s’est dégagée pour le photographe amateur.

Quand un client avait pris ses photos, il retournait l’appareil entier à l’usine. La pellicule y était traitée, et l’appareil rechargé, puis réexpédié avec des photos développées, le tout à un prix relativement bas. Le slogan « Appuyez sur le bouton, nous ferons le reste » n’avait rien d’exagéré.

Les milliards de clichés pris chaque année indiquent que son succès ne s’est jamais démenti. Et aujourd’hui, sa popularité s’est accrue grâce aux appareils numériques qui offrent une haute définition de l’image se mesurant en millions de pixels (mégapixels). Ces appareils sont munis de petites cartes mémoires pouvant contenir des centaines voire des milliers d’images (photos). On peut même en tirer chez soi des épreuves à l’aide d’un ordinateur et d’une imprimante.


#DembaJooB

Sources: wikipedia

Origines de la “Photographie”

Le mot « photographie » a été imaginé par John Herschel et provient de deux racines d’origine grecque :

le préfixe « photo- » (φωτoς, photos : lumière, clarté) — qui procède de la lumière, qui utilise la lumière ;
le suffixe « -graphie » (γραφειν, graphein : peindre, dessiner, écrire) — qui écrit, qui aboutit à une image.
Littéralement : « peindre avec la lumière ». Le terme plus court de « photo » est très fréquemment utilisé. Dans le cas où l’on parle d’une image photographique, on emploie aussi souvent les termes « image » ou « vue », et, mais de moins en moins depuis l’avènement de la photographie numérique, « tirage » ou « agrandissement ».

La personne utilisant la technique photographique lors de la phase de prise de vue se nomme le photographe. Il existe de nombreux métiers connexes à la prise de vue. Par exemple, une personne travaillant dans un laboratoire pour procéder à l’agrandissement de négatifs se nomme le tireur.

La photographie a su tirer parti de nombreuses innovations technologiques et techniques dans les domaines de l’optique, de la chimie, de la mécanique, de l’électricité, de l’électronique et de l’informatique.

– Inventions
Les deux phénomènes nécessaires à l’obtention d’images photographiques étaient pour certains connus depuis longtemps et explicité dans le Traité d’optique. Les réflexions d’Aristote et les travaux du père de l’optique moderne Ibn al-Haytham, ont permis de mettre la réalité en boîte ; il suffit de percer un « petit trou » (sténopé) dans une chambre noire (camera obscura) pour voir apparaître une image inversée dans le fond blanc de la boîte. D’autre part, les alchimistes savaient que la lumière noircissait le chlorure d’argent. Vers 1780 Jacques Charles, plus connu pour son invention de l’aérostat gonflé à l’hydrogène, parvint à figer, mais de façon fugitive, une silhouette obtenue par le procédé de la chambre noire sur du papier imbibé de chlorure d’argent. Thomas Wedgwood (1771-1805) fit des expériences analogues avec le nitrate d’argent ; il en publia un mémoire en 1802. De son côté John Herschel en 1819 décrit les propriétés de l’hyposulfite de sodium qui deviendra le fixateur.

Joseph Nicéphore Niépce, un inventeur de Chalon-sur-Saône, associe ces trois procédés pour fixer des images (de qualité moyenne) sur des plaques d’étain recouvertes de bitume de Judée, sorte de goudron naturel qui possède la propriété de durcir à la lumière (1826 ou 1827) ; la première photographie représente une aile de sa propriété à Saint-Loup-de-Varennes en Saône-et-Loire. Ce cliché de 16,2 × 20,3 cm est visible à l’Université d’Austin au Texas depuis que Helmut Gernsheim en a fait don à cette institution, en 19632. Si on regarde bien cette image, on remarque son éclairage particulier. En effet, la pose a duré de nombreuses heures (on estime la pose entre 8 et 10 heures) ; le soleil a donc éclairé le mur de droite puis celui de gauche plus tard dans la journée.

Nicéphore meurt en 1833 et Louis Daguerre poursuit l’amélioration du procédé. En découvrant le principe du développement de l’image latente, Daguerre trouve le moyen de raccourcir le temps de pose à quelques dizaines de minutes. En 1839, il promeut son invention auprès du savant et député François Arago, qui lui accorde son soutien.

Ainsi, la date conventionnelle de l’invention de la photographie est 1839, c’est la date de la présentation par Arago à l’Académie des sciences de l’« invention » de Daguerre, le daguerréotype. C’est en fait une amélioration de l’invention de Niépce. L’État français l’acquiert contre une rente viagère annuelle de 6 000 francs à Daguerre et de 4 000 francs à Isidore Niépce, le fils de Nicéphore, puis en fait don « au monde ».

Grâce au daguerréotype, on obtient des images après « seulement » une demi-heure de pose (lorsque le ciel est parfaitement dégagé). Cette lenteur est quelque peu problématique : les rues de Paris, même à une heure d’affluence apparaissent totalement vides. Mais qu’importe, la photographie était inventée. La première photographie représentant des êtres humains sera réalisée un peu plus tard : un passant se fait cirer les chaussures par un cireur des rues, les deux personnages sont restés immobiles pendant plusieurs minutes.

– Évolution
Par la suite, la photographie évolue très vite. En effet, le résultat des recherches est acquis par l’État français et chacun peut très vite l’améliorer.

Les progrès suivent trois directions :

La réduction du temps de pose par augmentation :
de la sensibilité des surfaces sensibles ;
de la luminosité des objectifs.
L’amélioration de la stabilité du tirage
La simplification de l’utilisation des appareils, grâce à l’invention :
d’appareils de plus en plus légers et de moins en moins chers ;
de préparations stables évitant les manipulations chimiques ;
de l’introduction de l’informatique avec la numérisation de l’image, dite « photo numérique ».

– Invention du négatif

Nadar élevant la photographie à la hauteur de l’art, par Honoré Daumier.

Un tirage photo après son dernier bain chimique.
William Henry Fox Talbot (1800-1877) mène des recherches parallèles à celles de Niépce et Daguerre à partir de 1833. En 1840, il invente le « calotype », procédé négatif-positif qui permet la diffusion multiple des images.

Suivent d’autres recherches, qui petit à petit permettent d’améliorer la qualité des images, la sensibilité des surfaces sensibles, et de simplifier la procédure de prise de vue ; 1847 « procédé à l’albumine » (Claude Félix Abel Niépce de Saint-Victor, neveu de Nicéphore), 1850 « procédé au collodion humide » et 1851 « ambrotypie » (Frederick Scott Archer), 1852 « ferrotypie » (Adolphe-Alexandre Martin).

Félix Tournachon plus connu sous le nom de Nadar en fait une utilisation commerciale. Il réalise des portraits des personnalités de l’époque, et en 1858 il réalise à Bièvres la première photographie aérienne, prenant une vue de Paris depuis un aérostat.

– Invention du film souple
Les premiers clichés (noir et blanc ou autochromes) étaient réalisés sur des plaques de verre, relativement encombrantes, lourdes et fragiles. En 1884, George Eastman met au point les surfaces sensibles souples. Le film en celluloïd, permettant de stocker plusieurs images dans le magasin de l’appareil photographique, supplante alors la plaque de verre. La diminution de la taille des appareils facilite la pratique de la prise de vue en (presque) tous lieux et toutes circonstances. Le Kodak sera le premier appareil photographique fabriqué par la compagnie Eastman permettant d’enregistrer une centaine d’images sur support souple. Une fois le film exposé, l’appareil était renvoyé à Rochester (État de New York aux États-Unis) où le film était développé, les épreuves tirées, l’appareil rechargé, et le tout renvoyé à son propriétaire.[réf. nécessaire]

– Invention de la photographie en couleurs
Article détaillé : Photographie couleur.
Charles Cros et Louis Ducos du Hauron présentent le même jour à l’académie des sciences, le principe de la photographie en couleurs indirecte en trichromie soustractive en 1869, nécessitant l’exposition de 3 images correspondant aux trois couleurs primaires. Le procédé sera utilisé à grande échelle par Prokudin-Gorskii entre 1900 et 1918.

Une étape importante fut ensuite le premier procédé véritablement pratique de photographie en couleur, l’« autochrome », inventé par les frères Louis et Auguste Lumière en 1903 et commercialisé à partir de 1907. L’utilisation est simple (une seule image) mais la sensibilité très faible oblige à des poses de quelques secondes et le format des plaques 9 × 12 impose des appareils lourds.

Il faudra attendre 1935 avec l’entrée en production de l’Agfacolor puis du Kodachrome pour que la photographie en couleur se répande avec des appareils compacts faciles à transporter (pellicule souple) mais toujours limitée à des diapositives. Les amateurs devront attendre l’Ektachrome vers 1946 pour disposer d’un traitement abordable bien que délicat.

Le succès à grande échelle dépendait de la possibilité de tirage sur papier que permet le Kodacolor introduit en quantité limitée pendant la Seconde Guerre mondiale (1942) puis plus largement dans les années 1950 sous le format 135.

Le film 35 mm et les appareils de petit format
En 1909, le Français Étienne Mollier eut l’idée d’utiliser le film cinématographique 35 mm dans son appareil photographique appelé le Cent-Vues, un appareil « de poche » qui prenait tout de suite cent vues 18/24 mm. Le Cent-Vues fut fabriqué en 1910, obtint la Médaille d’or du Concours Lépine et fut commercialisé aussitôt, à petite échelle et sans grand succès3. En 1913, Oskar Barnack construisit le premier prototype du Leica, qui fut commercialisé à partir de 19254 et fut le premier des appareils utilisant le format 24 x 36 mm, qui est resté le plus courant jusqu’à la fin du xxe siècle.

– Invention du positif direct
Vers 1948, le docteur Edwin H. Land met au point le premier appareil à développement instantané, le Polaroïd, et en 1962, il adapte ce procédé à la couleur. Les premières versions du polaroïd comportaient un internégatif. Dans les années 1980 la technique est améliorée pour se passer de l’internégatif et obtenir un véritable positif direct.

C’est pourtant une des premières recherches de la photographie sur laquelle le français Bayard avait travaillé autour de 1838-1839, simultanément aux recherches de Niépce et Daguerre sur le daguerréotype. On connaît de Bayard avec ce procédé le premier autoportrait (dit « l’Autoportrait en noyé ») de l’histoire de la photographie.

– Une variante, la photographie en relief
La stéréoscopie a été inventée avant la photographie (Wheatstone, 1838). Des photographes se sont mis dès 1841 à prendre des photos en relief, en deux poses successives avec un décalage entre les deux prises de vues. Cette prise de vues en deux temps n’étant pas possible pour les portraits, des appareils à deux objectifs ont été construits à cet effet dès les années 1850.

– La photosculpture
La photosculpture inventée par François Willème en 1859-18605, est une technique combinant la prise de vue simultanée d’un sujet par 24 appareils photographiques disposés autour de lui sur un plan circulaire. Les 24 clichés une fois tirés, combinés avec l’usage d’un pantographe, permettant de réaliser des images en trois dimensions.

Par la suite, une autre technique de réalisation de photographie en trois dimensions fut inventée à la fin du xixe siècle par le photographe Lernac : la photostérie. Nadar s’y intéressa et contribua à la perfectionner et la faire connaître6.

– Les usages de la photographie
Dès son invention, l’usage de la photographie est intimement lié à l’évolution de sa technique. Elle est devenue le premier art réellement populaire.

Une technique objective ?
La photographie inaugure une nouvelle ère dans la représentation ; on est à présent capable d’avoir une représentation du réel « objective ». L’homme ne représente plus le réel tel qu’il le voit et tel qu’il le peut mais c’est le « réel » qui impressionne le support (par l’action directe de la lumière (photon) qui est réfléchie, ou émise, de l’objet à la surface sensible). Ainsi la photographie trouve rapidement son usage dans le reportage, dans l’anthropométrie, inventée par Alphonse Bertillon. On a l’ambition de réaliser un « inventaire du monde ».

Toutefois, cette objectivité a ses limites. La photographie argentique permettait déjà de travestir la réalité, d’ajouter ou de retrancher des éléments d’une image par un patient travail de laboratoire (cf : Photomontage). Mais avec l’avènement de la photographie numérique, ces trucages qui n’étaient auparavant accessibles qu’à des connaisseurs, deviennent presque à la portée de tous.

De plus, les choix du photographe importent : choix du sujet, du cadrage (Régis Durand, in Le Regard Pensif : « Et il y a bien un hors-champ photographique qui est la réserve de toutes les impostures. » ; Stanley Cavell : « La présence virtuelle du reste du monde et son éviction explicite sont aussi essentielles à l’expérience d’une photographie que ce qu’elle présente explicitement » ; ou encore Pascal Bonitzer : « […] le mensonge (ou la possibilité du mensonge) est liée à l’existence d’un hors-champ. »), mais aussi du développement, du tirage (recadrages), des retouches, etc. Le photographe interprète à sa façon le réel qui s’offre à lui. Ainsi, en noir et blanc, une ambiance peut être rendue dramatique par certaines techniques alors que la réalité ne l’était pas autant (en augmentant la densité des nuages par exemple). Le simple fait d’attirer l’œil sur un élément, en le photographiant, modifie la perception des spectateurs (récepteurs de l’image) face à la globalité de la scène qui se voit de plus réduite à une ou plusieurs images.

S’ajoutent à cela les limites technologiques pour représenter les couleurs, les perspectives, les sujets en mouvement, etc. Un appareil photo ne retransmet pas exactement ce que l’observateur voit. Il peut déformer les objets et visages, créer des aberrations chromatiques, faire pencher une église en exagérant la perspective, etc..

– Influence sur la peinture
Avant la photographie, c’est la peinture qui avait pour rôle la représentation de la réalité. Mais l’arrivée de la photographie bouleverse le monde de la peinture. La peinture perd son rôle de représentation de la réalité et doit alors se réinventer, se diversifier ou bien disparaître. Trois courants distincts naissent de cette révolution :

la couleur dont l’instigateur n’est autre que Delacroix et qui mènera notamment à l’impressionnisme ;
la ligne dont le père fondateur est Ingres et deviendra par la suite entre autres le symbolisme ;
le retour au classicisme, tel l’école de Barbizon.
La photographie se tourne vers la capture du réel alors que la peinture recherche la beauté, l’impression, la matière et le sentiment.

– Un art populaire

Woman with camera. Photo d’Alfred Cheney Johnston, vers 1920.
La photographie a aussi inauguré une époque où presque tout le monde pouvait disposer de son portrait ou de représentations d’objets ou de lieux qui restaient jusque-là réservés à une élite économique, quand il fallait demander à un peintre de réaliser une image. Cela s’est traduit dans un premier temps par certaines photographies qui s’approchaient beaucoup du portrait peint le plus classique.

L’accès à la capacité de « prendre une photo » est maintenant généralisé. La représentation du monde en a été transformée. Les sociologues étudient les pratiques les résultats de cette photographie populaire.

Le grand public accède à cet « art populaire »8 et en produit les artefacts.

– Le huitième art
Dans la classification des arts dérivée de celle d’Hegel, la photographie reçoit la huitième place (en concurrence avec la radiodiffusion et la télévision). Ces trois activités sont parfois regroupées en « arts médiatiques ».

Classification des arts.
La photographie est un moyen technique et mécanique de conserver une représentation graphique des moments, des objets ou des gens. Mais c’est aussi un moyen d’expression plus ou moins abstrait, portant la signature de son auteur, le photographe, et dont l’objectivité est équivalente à n’importe quelle œuvre artistique. Longtemps enfermée dans l’imitation de la peinture (pictorialisme, marines, portraits, etc.), la photographie a trouvé sa propre voie artistique avec l’apparition du surréalisme.

Courants artistiques
La photographie elle aussi connait différents courants artistiques tout comme en peinture, les principaux sont :

  • Nouvelle Objectivité
  • Nouvelle topographie (en)
  • Pictorialisme
  • Photographie Humaniste

 

@FotoJooB

source: wikipedia

La photographie Numérique

La photographie est une technique qui permet de créer des images par l’action de la lumière. La photographie désigne aussi l’image obtenue.

Le terme photographie désigne également la branche des arts graphiques qui utilise cette technique : c’est l’« écriture de la lumière ».DSC_0573 copie 2

La photographie numérique recouvre l’ensemble des techniques permettant l’obtention d’une photographie via l’utilisation d’un capteur électronique comme surface photosensible, ainsi que les techniques de traitement et de diffusion qui en découlent. On l’oppose à la photographie argentique.

Les techniques informatiques permettent de transformer une image en une série de points, les pixels, dont les caractéristiques sont exprimées par des nombres. Grâce à cette numérisation, il est possible de reconstruire l’image à volonté sur des périphériques informatiques adaptés : on peut ainsi la traiter avec des logiciels de développement et retouche puis l’imprimer ou la diffuser au format numérique.

La difficulté rencontrée avec cette technologie, qui marque une rupture complète avec les procédés physico-chimiques initiaux, se situe dans la conception des capteurs électroniques de l’image qui remplacent le film. La résolution de ces derniers, le nombre de pixels d’une image qu’ils sont capables de générer et la sensibilité évoluent très rapidement. Le nombre de photosites par millimètre carré joue un rôle non négligeable, même si, comme pour les anciennes techniques, la qualité de l’image finale dépend de nombreux autres paramètres, comme la taille du capteur, en rapport avec le pouvoir séparateur des optiques employées. En utilisant une même optique, un capteur 12 millions de pixels plein format aura une bien meilleure qualité d’image qu’un capteur d’appareil compact numérique ayant le même nombre de pixels.

La photographie numérique permet de disposer instantanément et en grand nombre du résultat pour l’évaluer, le transmettre ou le diffuser ; elle permet aussi de retraiter et retoucher les images avec un ordinateur et un logiciel de traitement d’image. Ces logiciels permettent une grande liberté de création, allant de la simple correction de lumière, de contraste ou de couleur à la retouche et la composition d’images.

La plupart des appareils bon marché souffrent d’une latence entre le moment où on appuie sur le déclencheur et celui où la photo est prise ce peut nuire au naturel de la photo.

Les réseaux de communication, internet et les services communautaires de photo en ligne apparus depuis 2003, ont déployé les possibilités d’usage de la photo numérique. Avec les blogs et les services de partage de photographies comme Pikeo, Flickr, deviantART ou encore Piixeo, les photographes internautes disposent d’outils et de services permettant de communiquer, d’échanger et d’exposer leurs photos numériques, autant dans la sphère privée ou communautaire qu’à l’échelle planétaire. Les services offrent des possibilités d’exploitation en ligne considérables : gestion des contacts, diaporamas, localisation géographique, etc. Les artistes et professionnels y trouvent leur compte avec des audiences importantes pouvant dépasser n’importe quel lieu d’exposition physique.

Les grandes marques d’appareils photo numériques sont : Nikon, Canon, Olympus, Sony, Leica, Fujifilm, Kodak, Panasonic, Pentax, Samsung, Casio

 

@FotoJooB

source: wikipedia

Haute résolution

La haute définition (HD) désigne une classification d’équipements de télédiffusion et de vidéo numérique ayant une définition d’au moins 720p (1280 par 720 pixels). Elle est l’évolution du SDTV. Le terme HD s’étend à l’ensemble des technologies audiovisuelles numériques telles que le HDV (grand public), le HDCam, la télévision (DVB-T, DVB-S, DVB-C), les supports Disque Blu-ray (HD DVD, l’enregistrement multimédia sur disque dur, ainsi qu’au stockage de données informatiques.

 

16

Principes techniques

Les spécificités de la HD nécessitent une définition de l’image vidéo supérieure (d’un facteur de deux au minimum) à celle de la référence dite “SD” (Standard Definition). La SD présente une définition (en mode PAL) de 720 pixels en base par 576 pixels en hauteur, notée en abrégé 720 × 576.

Les industriels considèrent qu’un équipement vidéo peut être qualifié HD dès lors qu’il traite ou exploite un signal vidéo dont la définition verticale (nombre de lignes) est supérieure à 720 pixels.

La HD nécessite des capacités techniques plus évoluées, à cause du flux et du volume bien plus importants des données à traiter, et de leur codage plus complexe (HDV,AVCHD). Par exemple, un film DVD avec une définition de 576 lignes (codage MPEG-2 PAL) exploite un volume moyen de 4 à 8 Go, alors qu’en Haute Définition, le même film, d’une définition plus que doublée, exploitera des fichiers pouvant atteindre 9 à 50 Go à la norme MPEG-4, selon le taux de compression appliqué..

 

Les différents formats haute définition

Video_pixel_resolution

Chaque norme TVHD peut exploiter une variante d’affichage conforme aux standards vidéo historiques analogiques; le 50 Hz (conforme aux 25 images par seconde PAL ou Sécam) et le 60 Hz (conforme aux 30 images par seconde NTSC).

On s’oriente en Europe aujourd’hui vers deux normes principales :

  • Définition 1080 lignes de 1920 points en affichage entrelacé (1080i)
  • Définition 720 lignes de 1280 points en affichage progressif (720p)

Les principaux formats d’image HD exploités dans le monde sont :

  • 720p : 1280 × 720 à 50 et 60 Hz en progressif (env. 0,9 Mégapixels pour une image)
  • 1080i : 1920 × 1080 à 50 et 60 Hz en entrelacé (env. 2 Mégapixels pour une image)
  • 1080p : 1920 × 1080 en 24 et 30 Hz en progressif (env. 2 Mégapixels pour une image)
  • 4K2K : 4096 x 2160 en progressif (env. 8,8 Mégapixels pour une image)
  • Cependant un mode intermédiaire a vu le jour sous l’impulsion des diffuseurs, il s’agit du format 1080i dégradé en 1440 x 1080 entrelacé à 50 Hertz.

Canal+ via satellite et Canalsat n’émettent que dans ce mode pour des raisons d’économie de location de transpondeurs satellites.

Jusqu’en Juin 2011 TDF émettait les programmes de la TNT HD dans ce mode. Depuis l’amélioration des techniques de compression (MPEG4) a permis de passer avantageusement au 1920×1080 en conservant la même bande passante (3 chaines sur 8Mhz DVB-T ⇒ 24Mbits ).

La plupart des opérateurs ADSL diffusent en 1080i dégradé pour permettre à un maximum d’utilisateurs d’accéder à la Haute définition.

Les autres diffuseurs européens (et Numericable en France) ne pratiquent pas (ou rarement) cette amputation de près de 518 000 pixels (480×1080) et la différence de qualité avec le standard HD peut s’apprécier notablement sur des tailles supérieures ou égales à un mètre de diagonale car elle conduit à la formation de pixels rectangulaires que le téléviseur doit mettre à l’échelle (extrapolation) pour retrouver les pixels carrés de la norme 1920×1080. Ceci conduit aussi à accentuer les phénomènes de saccades dans les mouvements ou l’apparition de traînages en plus de la perte de définition souvent accentuée par la présence de filtres avant la compression/diffusion ou mis en service par défaut sur les téléviseurs.

Très haute définition

En 2010, au CES de Las Vegas, les premiers écrans et vidéoprojecteurs très haute définition (4K2K) font leur apparition dans les salons d’électronique, cette définition était jusque là réservée au cinéma. Les premiers téléviseur Quad HD stéréoscopique sortent en Europe en décembre 2011, avec notamment un écran Toshiba qui coute alors 8000 €

À l’automne 2011, Le processeur Samsung Exynos 5250 (architecture ARM Cortex A15) à destination des tablettes, sorti en échantillon pour les développeurs et qui devrait sortir en masse dans la première moitié de 2012, permet de convertir en QFHD (4K2K) à 30 images par seconde. Le processeur vidéo CedarX d’AllWinner_Technology permettent également de décoder ce format, ainsi que le MT5396 de MediaTek, permettant de le décoder à 120 HZ.

  • WQHD (Wide Quad High Definition) ou QHD à 2560 × 1440, c’est quatre fois plus de pixels que le standard vidéo HDTV 720p au rapport 16:9.
  • QFHD (Quad Full High Definition) souvent nommé 4K2K a 3840 × 2160 pixels dans un rapport 16:9. C’est quatre fois plus de pixels au standard vidéo HDTV 1080p, d’où l’appellation Quad.
  • UHD (Ultra HD) souvent nommé 8K a 7680 × 4320 pixels.

 

@FotoJooB

source: wikipedia

Powered by themekiller.com